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Les vacances à Tharon-Plage dans les années 50

Il y a un an, je recueillais ces propos pour un article pour Ouest-France. Le journal n'en a pas voulu, car l'approche des vacances n'a pas été jugée comme une actualité suffisante. Je les diffuse donc ici.

Anne-Marie et Jean-Claude Piton sont devenus vacanciers à Tharon dès l'année 1950. Leurs familles respectives venaient déjà passer leurs vacances à Tharon avant 1939.  Tous deux  se sont connus l'année du Brevet des Collèges, à l'âge de 15 ans. La maison d’Anne-Marie a été la première maison construite rue du Mail, l’année 1949-1950. Des barbelés la séparaient des champs se trouvant juste devant, et l’on avait vue sur le château d'eau, détruit plus tard. En 2005, la maison a été rasée, puis reconstruite. Jean-Claude, quant à lui, habitait rue du Vieux Logis, le long du camping Thar Cor, au Cormier. La station était encore, à l’époque, une propriété privée appartenant au syndicat des propriétaires. Les voies publiques ont par la suite été cédées à la municipalité.

« Les vacanciers achetaient alors à Tharon-Plage, pas à Saint-Michel, se souviennent-ils. On venait en vacances à Tharon, durant un mois entier. Saint-Michel-Chef-Chef était un bourg éloigné où l'on n'allait jamais. La route qui mène  à Saint-Michel par l’avenue Pasteur et l’avenue des Sports a toujours existé. Il y avait un petit village entre les deux, dans le vallon. On allait au bourg à pied ou à bicyclette. De l'autre côté, entre le pont de Tharon et le bourg, c'était la campagne. Le ruisseau du Tharon marquait la limite entre Tharon et La Plaine, et celui di Calais la frontière entre Tharon et Saint-Michel. La route bleue a été construite dans les années 60-70. Avant, c'était une route départementale, qui passait jusque devant le cinéma Saint-Gilles à Pornic. Nous faisions le trajet à vélo, et plus âgés, nous poussions jusqu’au Porteau ou au Portmain, car l’eau y était propre. Il nous arrivait même de faire l’aller-retour jusqu’au Croisic dans la journée. 

 

L'avenue Chevrier était identique à l'actuelle avenue d'Anjou, du point de vue de la voûte des arbres, ombragée de  cèdres immenses depuis la place de l'Etoile jusqu'au château d'eau (celui qui a été rasé). La fin du boulevard du front de mer était marquée par la villa Le Chaperon rouge d’un côté, et le port de l’autre.

 

Les vacanciers se répartissaient en divers groupes de plage, selon les origines sociales, les intérêts, etc., groupes qui ne se pénétraient pas beaucoup entre eux. Mais Tharon-Plage, c’étaient aussi beaucoup de marins-pêcheurs, qui amarraient leurs bateaux en face de la Source, à un échouage sur la plage, ou bien au large. Cela faisait partie du folklore de l'époque. Nous fréquentions leurs enfants. Arrivant de nos quartiers de Nantes, nous avions cependant une connaissance des gens du crû : les commerçants, parmi lesquels on trouvait de nombreux bouchers et charcutiers. Il y avait quelques résidents à l'année, mais pas beaucoup.

 

La journée se partageait entre la plage et la bicyclette, le tennis restant plutôt l’apanage de la haute société. Le soir, nous allions au cinéma, au golf miniature ou en boîte de nuit. Nous fréquentions également le golf miniature, qui se trouvait rue de la Liberté, juste derrière l’hôtel Lebreton, un des premiers hôtels de Tharon, était installé dans l’ancien casino du début de la station, avant de devenir par la suite l'immeuble L'Atlantide.

 

Nous faisions de nombreuses balades sur le front de mer en dégustant des sucettes Jourdan, du nom du confiseur de foire qui installait son camion pour la saison, fabriquait son sirop et roulait ces friandises devant nous. En face de lui se trouvait un pâtissier avec une cour derrière, dans laquelle nous tournions sur de petits chevaux à pédales, chacun attelé à une petite charrette. Le club bouliste avait sa fanfare, et préparait la tête de veau pour tout le monde. Il était avait beaucoup plus de visibilité qu’aujourd’hui. Pour les enfants, il y avait les clubs de plage : le Club Mickey, les Mouettes. La Cormorane, alors au Cormier, avait été créée par les Véret, de la famille d'Ernest Chevrier, et habitant rue de la Source.

 

Au Casino, il y avait le Tiphane's Club, rasé depuis et remplacé par des immeubles. La Caravelle était un bar américain, dont l’intérieur était aménagé comme un bateau corsaire, avec un mât, des huniers, des cordages, de très grosses torches, comme dans Le Trésor de Rackham le Rouge. Le décor avait été peint par les élèves des Beaux-Arts. L'architecture du bâtiment représentait l'arrière d'une caravelle. Derrière, dans l’actuel Canopus, se trouvait une salle de cinéma, devenue ensuite L'Abri côtier, une boîte de nuit qui n'a pas duré."

La villa Saint-Léger est devenue l’hôtel Saint-Léger, puis Les Sables d'Or, et enfin l’actuelle Empreinte. L’Océane Bazar, ou Galeries modernes, était tenu par Mme Drais. Il date du début de la station, contrairement à la Caravelle, qui a été construite bien plus tard. On pouvait y louer des vélos, y acheter des cartes postales Loiseau et Océane Bazar. En face, se trouvait une alimentation, remplacée par l’actuel cabinet de notaire. Il y avait encore beaucoup d’autres commerces : des poissonneries, des quincailleries,  des coiffeurs, un chausseur, un horloger, une droguerie, une très grande épicerie. Le Bac oà Blé était alors un charcutier."

 

K. U.

 

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Plan cadastral de la station, daté de 1905

 

 

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